Journal of Canadian Art History / Annales d'histoire de l'art canadien

Archive des numéros précédents

Vol. II (1975)

Articles

Le rôle de l’Abbé Jérôme Demers dans l’elaboration d’une architecture néo-classique au Québec

Luc Noppen

L'influence de l'Abbé Jérôme Demers sur l'architecture religieuse du Québec a été maintes fois analysée et partiellement précisée dans des études traitant de monuments particuliers.

L'œuvre principale de l'Abbé Demers, le Précis d'Architecture pour Servir de Suite au Traité Elémentaire de Physique, dont il sera question dans le présent essai, a fait l'objet d'un article de Mgr Olivier Maurault dans l'Art du Canada sous le titre de "Un professeur d'architecture à Québec en 1828." De son côté, Gérard Morisset a publié en 1953 un court texte sur le même sujet: "Une Figure Inconnue: Jérôme Demers."

Les Artistes Canadiens Copistes au Louvre (1838–1908)

Laurier Lacroix

Les Archives du Musée du Louvre conservent quarante et un registres, datés de 1834 à 1973 qui contiennent deux séries d'information concernant les activités de peintres, copistes au Louvre : une première enregistre le nom du copiste et lui attribue un numéro de carte (registre des cartes). Des registres complémentaires, mais non concomitants, indiquent, en les classant par écoles, les œuvres et le nom du copiste en regard de l'œuvre copiée (registre des oeuvres copiées).

Ces registres peuvent être utilisés de différentes façons: il est intéressant de voir inscrites des vagues successives d'artistes de communautés nationales distinctes qui viennent étudier à Paris, et en profitent pour copier. Ces registres nous révèlent avec quelle constance certaines œuvres étaient copiées, combien d'artistes faisaient même profession de copistes. Notre connaissance du goût artistique des cent dernières années se trouve ainsi enrichie d'une source d'information. On peut aussi y repérer l'activité de copiste d'un jeune peintre et voir ainsi parmi les oeuvres alors exposées au Louvre quelles toiles l'intéressaient.

Les Tabernacles de François Baillairgé

Raymonde Gauthier

On peut se demander pourquoi les historiens font dans leurs études de l'art religieux une si large place aux tabernacles, et à ceux de François Baillairgé en particulier. La réponse est simple, le tabernacle, partie supérieure de l'autel où est célébrée la messe, cristallise une philosophie de l'art religieux au Québec. S'il ne s'avère pas essentiel à la célébration du mystère eucharistique, le tombeau suffisant pour les besoins liturgiques, le tabernacle marque, d'une part, le centre de l'église et d'autre part, se substitue au retable en l'absence de celui-ci. Cette façon de considérer le tabernacle est fortement ancrée dans les esprits au moment où François Baillairgé commence à travailler comme sculpteur à Québec et, comme nous le verrons, il ne voudra en rien déroger à la tradition en cette matière. Même si le renouveau qui se manifeste après 1780 dans les paroisses autorise désormais par une augmentation des fonds un traitement plus substantiel du décor architectural de l'église, l'importance accordée au tabernacle ne faillit pas et il faudra attendre la fin du dix-neuvième siècle pour que le tabernacle perde son caractère distinctif et, s'étirant en hauteur, s'incorpore au mur du choeur pour aller jusqu'à disparaître.

Notes et commentaire

Un Dessin Inédit de Pierre-Noël Levasseur?

Raymonde Gauthier

Le hasard fait connaître aux historiens d'art les aventures les plus invraisemblables. Il nous fit découvrir récemment à l'endos d'un plan de terrain,1 le dessin d'une chaire, non daté et non signé mais qu'après un examen attentif, on ne pouvait attribuer qu'à un des LeVasseur.

Le dessin est à l'encre sur un papier jauni mais résistant; le recto de la feuille marque les délimitations de terrains ayant appartenu à Pierre Gacien et Pierre LeVasseur sur la rue St-Louis à Québec et le verso présente une chaire; il est maculé de quelques taches d'encre.

La datation et l'attribution de ce dessin de chaire à l'un des LeVasseur puis à Pierre-Noël en particulier se sont évidemment faites par déduction. Les deux noms de Pierre Gacien ou Gatien, couvreur, et de Pierre LeVasseur, menuisier, attirent d'abord l'attention. Ils ont effectivement passé contrat devant le notaire Pierre Duquet le 21 avril 1679 pour la vente de ce terrain. Le dessin est donc postérieur à cette date. S'il est postérieur à 1679, il pourrait être de la mairï de Pierre LeVasseur, menuisier, (1661–1731) comme de son fils Pierre-Noël, sculpteur, (1690–1770), encore qu'un tel dessin de la main d'un menuisier soit assez peu naturel.