Journal of Canadian Art History / Annales d'histoire de l'art canadien

Archive des numéros précédents

Vol. IV:2 (1978)

Articles

Peinture et luttes sociales

Talking Union de Frederick B. Taylor

Luis de Moura Sobral

En 1971, Frederick B. Taylor a fait don au Musée des Beaux-Arts de Montréal d'un groupe de ses oeuvres comprenant des tableaux, des dessins et des gravures. Le tableau Talking Union faisait partie de cette importante donation, de même qu'une série de sept dessins préparatoires.

Le tableau, très simple, représente un groupe de cinq personnes autour d'une table de taverne. Un personnage, face au spectateur, adresse la parole à ses compagnons et semble tirer ses arguments d'un journal ouvert devant lui. À l'arrière plan, en haut, le barman parle par-dessus le comptoir avec un garçon; deux autres clients se trouvent assis à une deuxième table. Le comptoir qui court de gauche à droite, souligne la profondeur de l'espace. Le programme de la toile, selon le propos même de son auteur, prévoyait la représentation de:

four Canadian seamen (they were, in fact, all Canadians) meeting with a C.S.U. organizer in a tavern on the waterfront of Montreal in 1950, a social fact, little known, a worthwhile pursuit expressive of my faith in the desirability and power of trade union organization providing that power is not abused: working men consciously acting to protect and improve their working and living conditions

Sources et documents

Les canadiens au salon officiel de Paris entre 1870 et 1910

Sections peinture et dessin

Sylvain Allaire

Olivier Merson, en 1893, fit le calcul de 216,383 pièces peintes, sculptées, lavées, dessinées, gravées ou lithographiées présentées aux Salons depuis 1793, tout en précisant:

Vous entendez, seuls les Salons officiels figurent au compte. Les Expositions universelles n'en sont pas. Non plus les quatre expositions de la Société nationale des beaux-arts au Champ-de-Mars, les neuf des Pastellistes, les douze des Femmes peintres, les quinze des Aquarellistes; non plus celles de Blanc et Noir, des Indépendants, des Libéraux, des Cercles et les individuelles si nombreuses.

Comptes rendus

Les quatre rois indiens; Early Indian Village Churches; Peoples of the Coast

W. Martha E. Cooke, John Veillette, Gary White, George Woodcock

François-Marc Gagnon

En avril 1710, sous le glorieux règne d'Anne Stuart (1665–1714), la cour anglaise était l'objet d'une visite bien extraordinaire. "Quatre rois indiens", des sachems iroquois avaient été envoyés par des officiers coloniaux de la Nouvelle-Angleterre pour leur faire saisir "as much of the Grandure and Magnificence of Brittan as possible", et de manière à se les allier dans la lutte contre la Nouvelle-France. On ne négligea rien en ce sens. Non seulement on leur fit faire le tour de Londres, mais on les amena à l'Opéra, on leur fit assister à un spectacle de marionnettes, à un combat de coqs, à des tours de cirques avec des ours savants, à des banquets et des galas. Toutefois, on peut se demander si ces Iroquois ne firent pas plus grande impression sur la société londonienne du temps, que celle-ci sur eux. Le public les suivait partout. À Haymarket, on empêcha les acteurs de commencer à jouer Macbeth jusqu'à ce qu'on aitpermis aux chefs de s'asseoir sur la scène. La presse londonienne ne tarissait pas d'éloges sur leur "exquisite Sense and quick Apprehension", voire même sur leur performance gastronomique. "They feed heartily, and love our English Beef before all other Victuals that are provided for'em. They seem to relish our fine pale Ales before the best French Wines." Cette dernière notation était sans doute de nature à rassurer tous et chacun de la loyauté iroquoise envers la couronne britannique!

Building a House in New France

Peter N. Moogk

Yvon Desloges, Alain Rainville, Serge Saint-Pierre

Jusqu'à tout récemment, très peu de chercheurs se sont préoccupés d'analyser le phénomène de la construction domiciliaire en Nouvelle-France. En avertissement, l'auteur nous présente la perspective dans laquelle il situe son étude: l'aspect social y prévaudra quoique celui-ci aura inévitablement des répercussions sur les méthodes de construction.

Le lecteur, ainsi averti, n'a qu'à se laisser entraîner par une lecture aussi agréable qu'instructive. L'étude, divisée en six chapitres, est bien équilibrée. Le premier chapitre replace la maison urbaine dans son cadre urbanistique et légal. Le deuxième chapitre retrace l'évolution de la maison rurale dans la vallée du Saint-Laurent et en Acadie; les maisons de charpente de colombage pierroté ou bousillé de même que les maisons de pièces-sur-pièces y sont décrites et illustrées. Le troisième chapitre traite de la construction en milieu urbain soit à Québec, Montréal, Trois-Rivières et Louisbourg. L'auteur y présente les modifications apportées à la construction domiciliaire suite aux règlements administratifs et aux exigences climatiques. Le quatrième chapitre se veut une illustration d'un cas de construction urbaine. Bien documenté, ce chapitre nous dévoile l'orientation de l'auteur quant à l'aspect humain, c'est-à-dire qu'il y aborde les désirs et les goûts manifestés par le futur domicilié. Le cinquième chapitre nous renseigne sur les constructeurs, leurs connaissances et leur façon de procéder. Le dernier chapitre enfin est consacré aux réparations et aux relations clients-constructeurs lorsque ces problèmes d'entretien surviennent.

L'avenir de la colline parlementaire

Claude Bergeron

Denys Marchand

En 105 pages de texte et 25 illustrations, faire l'historique du projet de réaménagement de la colline parlementaire, en critiquer le "concept général" tant dans son élaboration que dans sa mise en place, et enfin terminer par la proposition d'un nouveau concept, c'est vouloir rendre quadruples les bouchées doubles et risquer de passer sous silence, volontaire ou non, bien des éléments essentiels du problème. L'entreprise de L'avenir de la Colline parlementaire était, sinon hasardeuse, du moins ambitieuse.

En guise d'ouverture, un bref historique, commençant par la "décision gouvernementale" du 20 juillet 1960, révèle le ton institutionnel que prendra cet ouvrage, basé en grande partie sur les rapports, textes et procès-verbaux officiels. Ce jour-là, le premier ministre Jean Lesage en annonçant la création par son gouvernement d'une commission chargée de l'embellissement de la ville de Québec, met en branle l'ensemble des mécanismes qui, en dix ans, bouleverseront le tissu urbain de la vieille capitale.

Catalogue des œuvres peintes conservées au monastère des augustines de l'Hôtel-dieu de Québec

Marie-Nicole Boisclair

Laurier Lacroix

Les catalogues des institutions, musées et collections privées sont des publications extrêmement rares au Canada. Combien de temps encore sera-t-il possible de se dispenser de ce genre de répertoire si l'on veut constituer "l'histoire" de l'art canadien? Gérard Morisset avait déjà marqué la voie en repérant dans les collections des institutions religieuses, des communautés, des fabriques, les oeuvres des peintres, sculpteurs, orfèvres, sans cependant les publier de façon systématique. Mais en plus de commander et de recevoir des oeuvres d'art, les communautés religieuses ont contribué au développement des arts décoratifs par leur enseignement et leur pratique artistique. C'est ce double mouvement de collectionneur-producteur qu'il faudra bien analyser un jour en abordant les oeuvres conservées dans les couvents, monastères et séminaires.

Horatio Walker 1858–1938

Dorothy Farr

Jean-René Ostiguy

La présence d'Horatio Walker (1858–1938) sur la scène canadienne et mieux encore sur la scène québécoise tire à conséquences au début du siècle. Il est remarquable, par exemple, qu'en l'année 1900, l'Art Association of Montreal expose vingt-quatre tableaux de l'artiste qu'elle range au niveau des frères Maris. Hormis Charles Huot, aucun autre artiste canadien ne s'est vu accordé un honneur aussi grand à l'époque. Et lorsque, par la suite, de plus jeunes artistes ont cherché une expression distinctive, c'est bien à son exemple qu'ils se sont tournés du côté du terroir. On ne saurait donc mettre en doute le bien fondé de l'exposition rétrospective organisée par l'Agnes Etherington Art Center, la première depuis bientôt quinze ans.