Journal of Canadian Art History / Annales d'histoire de l'art canadien

Archive des numéros précédents

Vol. VI:1 (1982)

Articles

Housing in Québec Before Confederation

Christina Cameron

Visitors to the province of Québec are often impressed by the distinctive character of its architectural landscape; it has something of a French provincial air about it, something of a British colonial spirit, yet it is also North American, though unlike other parts of North America. The architectural distinctiveness of Québec is a reflection of its historical evolution. Discovered by Jacques Cartier in the sixteenth century and colonized by France in the seventeenth and eighteenth centuries, Québec was transferred to British rule in 1763 at the end of the Seven Years War. Although the impact was not immediately felt, successive waves of immigration, first the loyalists from the United States after 1776, dispossessed farmers, genteel younger sons and military men from Britain after 1800, implanted British cultural values and symbols on the former French colony. By the time Confederation became a reality in 1867 yet another influence, that of the burgeoning United States of America, had made itself felt as railways and canals accelerated the pace of cultural exchange. It is this amalgam of influences in concert with the exacting requirements of a harsh climate which determined the nature of housing in Québec before Confederation.

Résumé traduit :

L'habitation au Québec avant la Confédération

Les premiers colons de la Nouvelle-France se construisaient des abris de madriers et de pierres, sur le modèle des simples maisons de ferme aux toits pointus de la mère-patrie. Alors que les abris de bois ont presque entièrement disparu, plusieurs exemples des abris de pierres ont survécu jusqu'à nos jours (maison Jacquet, Maillou et des Sœurs de la Congrégation). Il n'y eut que de rares apparitions, en Nouvelle-France, de maisons inspirées du classicisme français raffiné, agrémentées de pavillons, de toits d'ardoise et de portails monumentaux (Château de Vaudreuil).

The Vocabulary of Freedom in 1948

The Politics of the Montréal Avant-Garde

Judith Ince

Freedom and its synonyms dominated the vocabulary of Canadian artists, intellectuals and politicians in 1948. In February, the issue of freedom divided the Montréal avant-garde into two hostile factions: the Prisme d'Yeux, led by Alfred Pellan and the Automatistes, led by Paul-Emile Borduas. The ideological basis of the debate on freedom is disclosed through an analysis of the clashing definitions of freedom contained in the manifestoes of the contending avant-gardes, and in two works produced by their leaders in 1948: L'homme A grave by Pellan and Objet Totémique by Borduas. Furthermore, through an examination of the critical reception of the Prisme d'Yeux and the Automatistes in 1948, and of contemporary politics, one may locate the interface of the aesthetic debate and the most contentious aspect of the discourse on freedom: the strategies to be used against communism in the Cold War, which as one writer noted in 1948, "est l'affaire de tout le monde."

Résumé traduit :

L'utilisation du vocabulaire politique de la liberté parmi l'avant-garde artistique montréalaise en 1948

En 1948, 1'avant-garde montréalaise est divisée en deux factions hostiles : le groupe Prisme d'Yeux, sous la direction d'Alfred Pellan, et les Automatistes, sous celle de Paul-Émile Borduas. Les deux groups entrent ouvertement en conflit en février 1948, à l'occasion de la 9e réunion annuelle de la Société d'art contemporain. Au cours de cette réunion, Borduas est élu président, ce qui amène le groupe de Pellan à se retirer de l'association, décision qui entraîne elle-même la demission de Borduas et de plusieurs de ses partisans. Toute la dispute porte sur une question qui, en 1948, était au centre des discours des intellectuels et hommes politiques canadiens ainsi que l'un des thèmes dominants des manifestes des deux groupes d'avant-garde: la signification de la liberté dans le contexte de la guerre froide.

Approche sémiologique d'une œuvre de Borduas

3 + 3 + 4

Fernande Saint-Martin

La sémiologie topologique veut se constituer comme un système de description du langage plastique qui permet d'identifier les éléments de base de ce langage et les règles syntaxiques qui régissent leurs interrelations. C'est uniquement à partir de ces deux fondements que pourra s'élaborer en troisième lieu, la dimension sémantique de l'œuvre.

Pour la sémiologie topologique, le langage plastique relève davantage de ce que la linguistique verbale a décrit comme le langage "perfor-matif" (Speech Acts) que du langage descriptif ou constatif. Le langage plastique engendre des événements, plus qu'il ne décrit des choses. Comme le langage performatif, défini particulièrement par Austin, le langage plastique n'a pas son référent hors de lui, ou avant lui, ou en face de lui. Il n'exprime pas quelque chose qui existe, hors langage ou avant le langage plastique. Il produit plutôt et transforme des situations, il "opère" au sein d'un environnement où s'élabore un référent particulier.

Notes et commentaire

Le tableau de l'ancien maître-autel de Sainte-Anne de Beaupré

Nicole Cloutier

Le 17 août 1666, Alexandre Prouville de Tracy (1596-1670), lieutenant général de la Nouvelle-France, se rend en pèlerinage à Sainte-Anne de Beaupré accompagné de Monseigneur François de Montmorency Laval (1623–1708); il "donne un très beau tableau pour l'autel." La tradition veut qu'il s'agisse du tableau "miraculeux" connu jusqu'à ce jour sous le titre d'Ex-voto du Marquis de Tracy.

En 1844, ce tableau ornait toujours le maître-autel de la chapelle de Sainte-Anne de Beaupré: "Un tableau de Ste Anne au-dessus du maitre autel donné en 1666 par Mr de Tracy Vice Roy et gouverneur général. Ses armoiries y sont peintes". En 1870, on le voit toujours au même emplacement. Deux photographies de Livernois antérieures à 1876 nous confirment que le tableau était placé au-dessus de l'entablement du retable. À la suite de la construction de la nouvelle église en 1878, on l'y a transporté, et il a été accroché au-dessus du maître-autel.

Sources et documents

Élèves canadiens dans les archives de l'École des Beaux-Arts et de l'École des Arts Décoratifs de Paris

Sylvain Allaire

Les archives de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, pour ses documents postérieurs à la suppression des Académies en 1793 et antérieurs à 1920, ont été versées aux Archives nationales, à Paris, en 1972; elles sont regroupées sous la cote AJ 52 et sont pourvues d'un inventaire imprimé. Ce fonds forme un ensemble remarquable, intéressant différents aspects des activités de l'École pendant le XIXe siècle et le début du XXe: administration, personnel, élèves, programme, concours, collections, expositions. Les registres des ateliers, les dossiers individuels des élèves établis à la suite du Second Empire et une partie de la Correspondance générale ont été consultés dans le but de recenser les Canadiens qui ont fréquenté l'École.

Bien que les renseignements recueillis soient exclusivement administratifs, ils permettent de suivre les débuts de plusieurs "rapins" canadiens (voir index des 55 artistes mentionnés).

Des extraits du registre des élèves étrangers admis à l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (Archives nationales, série AJ 53) font l'objet d'un supplément.

Les titres suivant les cotes, sont ceux de l'inventaire imprimé.