Journal of Canadian Art History / Annales d'histoire de l'art canadien

Archive des numéros précédents

Vol. XIII:1 (index) (1990)

Articles

Ombres Portées

Notes sur le paysage canadien avant le Groupe des Sept

Laurier Lacroix

Mon propos, en isolant un motif donné dans trois tableaux peints entre 1909 et 1912 par trois artistes canadiens, est d'attirer l'attention sur un élément récurrent particulièrement significatif pour définir la modernité au Canada et une transition importante dans la conception de l'art du paysage canadien. Ce découpage favorisera, je l'espère, une périodisation plus nette dans l'analyse du paysage et fournira des éléments pour interpréter les transitions dans ce genre entre la fin du XIXe siècle, tel qu'étudié par Dennis Reid, et les trop célèbres années 1920, marquées par l'omniprésence du Groupe des Sept. En suggérant certaines interprétations, j'assumerai cependant une position symétrique à mon sujet et, en jetant un éclairage particulier sur une question, je créerai d'autres zones d'ombre.

Paterson Ewen

The Turn from Non-Figurative to Figurative Painting

Heather C. Fraser

Paterson Ewen turned from "abstract" or non-figurative painting to figurative painting in 1970. After over 20 years of modernist non-figurative painting he acknowledged and found valuable the presence of subject-matter which, in Montréal during the 1950's and 1960's, had been condemned as traditional, illusory, sentimental and regressive. To stress the formal drama of Ewen's "turn," however, is to overlook the most important aspect of his new figurative paintings: a change in attitude from one of denial and exclusion to one of acceptance and tolerance. Ewen had resisted the idea of abstraction, the gradual erosion of all subjects other than the absolute freedom of form, as a matter of degree, throughout most of his career in non-figurative painting. But by 1970 he fully accepted abstraction as a matter of kind: an approach to painting in which the subject and the object were perceived as not only indivisible but also unquantifiable. Ewen's "turn" cannot be seen as a shocking avant-garde revolution of form nor as a return to his early figurative work of 1949–54. In his figurative and non-figurative work before 1970, Ewen believed that freedom in painting required the domination of the object over subject-matter. In his "turn," Ewen implicitly criticized this belief integral to the concept of style and the avant-garde mentality.

Résumé traduit :

Un tovrnant dans l'art de Paterson Ewen

Du non-figuratif au figuratif

En 1970, Paterson Ewen délaisse l'art abstrait, ou non-figuratif, pour se tourner vers le figuratif. Après avoir utilisé pendant plus de vingt ans le vocabulaire pictural du modernisme non-figuratif, il reconnaît la présence du sujet et en apprécie la valeur. À Montréal, au cours des années 50 et 60, l'art figuratif avait été décrié comme traditionnel, illusoire, sentimental et régressif. Toutefois, insister sur l'élément dramatique de ce tournant dans la carrière d'Ewen serait oublier l'aspect le plus important de ses nouvelles œuvres figuratives: le passage d'une attitude de refus et d'exclusion à une attitude d'ouverture et d'acceptation. Durant la plus grande partie de sa carrière comme peintre non-figuratif, il avait résisté à l'idée de l'abstraction, la disparition graduelle de tout sujet au profit de l'absolue liberté de forme, comme terme de référence. Après son changement de direction, il accepte pleinement l'abstraction en tant que genre – une approche de la peinture où le sujet du tableau et l'objet représenté sont perçus comme étant non seulement indissociables mais aussi non quantifiables.

Sources et documents

The Montreal Society of Artists

Jean Trudel

En 1960, Evan H. Turner, alors directeur du Musée des beaux-arts de Montréal, écrivait, dans l'avant-propos du catalogue de deux cents œuvres choisies de la collection du musée, que l'Art Association of Montreal avait été fondée en 1860 «succédant à un organisme encore plus ancien appelé The Montreal Society of Artists qui remontait, lui, à 1847». En 1977, David G. Carter, alors directeur du musée, écrivait à son tour dans la préface du guide du musée que «l'histoire du musée remonte à l'année 1847 qui vit la naissance de la Montreal Society of Artists, précurseur de l'Art Association of Montreal formée en 1860».

Comptes rendus

Les Maîtres canadiens de la collection Power Corporation du Canada 1850–1950

Didier Prioul, Laurier Lacroix, Joanne Chagnon

François Dion

On connaît l'importance toujours grandissante de l'investissement que les entreprises canadiennes et québécoises consacrent à la culture. L'art devient dans bien des cas un «étendard». Plusieurs collections d'art ont acquis une certaine visibilité en s'associant à des institutions culturelles. Ces dernières cautionnent ainsi la valeur de la collection et participent à la réputation de «connaisseurs» des entreprises concernées.

Heureusement, ces collections, pour beaucoup, font l'objet d'un intérêt qui n'est pas que financier. Elles se développent en raison du goût de ceux qui la gèrent. Chaque entreprise qui collectionne pose ses critères et définit ses limites. Les collections sont des regroupements d'objets dont l'unité devient, en quelque sorte, l'image de leur propriétaire.