Journal of Canadian Art History / Annales d'histoire de l'art canadien

Archive des numéros précédents

Vol. XVI:1 (1994)

Articles

Representation As Colonial Rhetoric

The image of "the Native" and "the habitant" in the formation of colonial identities in early nineteenth-century Lower Canada

Gillian Poulter

In a catalogue essay accompanying the 1992 Painting in Quebec exhibition, Laurier Lacroix suggests that during the period 1820-1850, the visual arts provided a "breeding ground for common practices" through which French-Canadians and British colonists could communicate. According to this theory, painting and drawing were activities by which the social élite of each community could "establish a local culture, identify its components and develop the creative forces within the community." Furthermore: "painting in Lower Canada provided a meeting ground for two traditions. … [It] was seen and appreciated by each of the ethnic groups as a means of moulding the colony to fit its own image: a double image, combining British allegiance and a need for national identity."

Résumé traduit :

La représentation vue comme discours colonial

L'image du « sauvage » et de « l'habitant » dans la genese des identitiés coloniales au début du XIXe siècie

Contrairement à l'opinion exprimée récemment par Laurier Lacroix, que les arts visuels ont été « le lieu de 1'établissement d'un discours commun » par lequel les canadiens-français et les colonisateurs britanniques ont pu communiquer, mon analyse des représentations d'autochtones et d'habitants par des artistes britanniques du Bas-Canada, dans la première moitié du XIXe siecle, montre, à l'égard de 1'identité nationale, une attitude bien différente de celle du peintre canadien-français de premier plan, Joseph Légaré. Bien que les artistes et illustrateurs britanniques et canadiens-français aient traité des même sujets, comme le suggère Laurier Lacroix, je voudrais démontrer, dans le présent article, que 1'œuvre de Légaré s'oppose nettement par contenu aux représentations britanniques.

Le Musée d'art contemporain de Montréal

décideurs et tendances socio-esthétiques de la collection

Jocelyne Connolly

Cette recherche sociologique1 consiste, dans un premier temps, à définir le caractère socioprofessionnel des décideurs du Musée d'art contemporain de Montréal en matière d'acquisition; dans un deuxième temps, à produire une analyse de contenu de la collection du Musée, afin d'établir la morphologie socio-esthétique de la collection; et, dans un troisième temps, à établir un rapport entre le caractère socioprofessionnel des réseaux de décideurs et la morphologie socio-esthé-tique de la collection. En dernier lieu, l'étude appréhende la collection muséale en tant que matériau historique de l'art et en tant qu'archives des formes. L'approche privilégiée vise à élaborer une sociologie plutôt qu'une histoire sociale de la collection. Les valeurs et les prix marchands des oeuvres de la collection du MACM n'ayant pas été divulgués par l'institution, le facteur économique ne contribue donc pas à pondérer l'analyse. Cette étude constitue une base d'informations ouverte à des recherches muséologiques ultérieures.

Sources et documents

Un état de la diffusion des arts visuels à Montréal

Les années cinquante: lieux et chronologie Première partie: 1950 à 1955

Hélène Sicotte

Ce texte, issu d'une recherche sur la Galerie Agnès Lefort, ne devait être au départ qu'un document de travail, mais il a été tant et si bien augmenté et retouché en cours de route, que nous avons finalement cru bon de le publier. Que la recherche sur une galerie particulière accouche d'un tel document découle en fait de deux nécessités. Premièrement, il fallait préciser ce qui s'était fait chez Lefort, c'est-à-dire: quels artistes elle avait exposés, quand et lesquelles de leurs oeuvres. Et deuxièmement, il importait d'évaluer la portée de son intervention sur le milieu montréalais, plus précisément, en quoi et comment cette galerie avait contribué à modifier la situation de la diffusion des arts visuels à Montréal, au cours de la période étudiée. Pour cela, un simple relevé des expositions chez Lefort ne pouvait suffire, il fallait dresser un portrait d'ensemble de toute la décennie, comprenant l'inventaire des galeries et une chronologie des expositions. On sait que le peintre Agnès Lefort ouvrit sa galerie en octobre 1950 et la dirigea jusqu'au moment où l'entreprise fut vendue à Mira Godard, à l'été 1961. Cette période de onze ans a donc déterminé le cadre temporel de la recherche et la grande région de Montréal, lieu d'activité de la galerie, son cadre spatial. Aussi, comme Lefort avait exposé en priorité des artistes canadiens contemporains et, de façon secondaire, l'art européen moderne, ces seules catégories ont été retenues dans notre propre relevé des expositions.

Comptes rendus

Les arts visuels au Québec dans les années soixante. La reconnaissance de la modernité

sous la direction de Francine Couture

François-Marc Gagnon

Paraissait l'an dernier sous une couverture modeste et avec un prix abordable un livre écrit en collaboration sous la direction de Francine Couture qui, s'il avait été publié par un musée à l'occasion d'une exposition aussi importante que les années XX ou la collection Lavallin aurait fait époque. Il s'agit en effet d'un ouvrage qui non seulement présente le bilan d'une période particulièrement riche dans la vie culturelle du Québec, mais renouvelle en même temps l'approche traditionnelle de l'analyse des mouvements d'art québécois. Au lieu de s'en tenir à une histoire des avant-garde ou pis encore, à une sorte de palmarès de nos grandes et petites vedettes, les auteures de Les arts visuels au Québec dans les années soixante. La reconnaissance de la modernité, publié chez vlb éditeur à Montréal, n'ont pas craint d'aborder les questions de fond: l'apport des femmes peintres au courant post-automatiste (Rose-Marie Arbour); le problème du formalisme québécois (Marie Carani et Marie-Sylvie Hébert); les rapports de l'art et de la culture à l'époque du virage technologique au Québec (Francine Couture); l'intégration de l'art à l'architecture (Rose-Marie Arbour); et l'éducation de l'art par l'art (Suzanne Lemerise). Chacun de ces sujets est l'objet d'un gros chapitre, on devait dire une section, qui non seulement est solidement informé mais abonde en perspective nouvelle et en idées inédites.